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Bombax costatum ou kapokier à fleurs rouges, une espèce dont la régénération est possible sans utilisation des graines
Par
Dr Bassirou BELEM
Ingénieur des Eaux et Forêt
Centre National de Semences Forestières/ Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique
Email Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Tel : (+226) 70444621

Lorsqu’en 1985 le Professeur Ginko Sita mentionnait que la surexploitation des fleurs du kapokier à fleurs rouges est catastrophique et prive l’espèce de graines nécessaires pour sa régénération, je ne savais pas que j’allais contribuer modestement à apporter des solutions à ce problème. Aujourd’hui c’est chose faite grâce à mes expériences modestes en sylviculture obtenus au cours de ma carrière de forestier. Le document qui suit décrit la démarche pratique entreprise dans le sens de la conservation de l’espèce.

Le présent document est écrit pour toucher les agents de terrain. Par conséquent il a été simplifié dans mention des références bibliographiques..

1.    Introduction

B. costatum est appelé faux kapokier en français, voaka en mooré, fofouan en lyélé (gourounsi de Réo et environnants).
C’est une espèce à usages multiples dont presque toutes les parties et organes sont sollicités. Elle est protégée par le Code Forestier du Burkina Faso. Le bois est utilisé dans la fabrication des écuelles de cuisine, des tambours et tam-tams, des masques, des portes de maison, des abreuvoirs pour les animaux domestiques, des chaises et tabourets ainsi que des selles de chevaux et de chameaux. Les tiges sont utilisées pour fabriquer des spatules de cuisine. Son bois est aussi utilisé comme combustible domestique, mais rarement. Les fleurs sont de loin les plus utilisées. Elles servent dans la préparation d’une sauce gélatineuse accompagnant la pâte de mil ou de maïs.  
Dans les provinces du Boulkiemdé et du Sanguié, en plus des calices, les pédoncules floraux et les graines foliaires sont utilisés dans la préparation de la sauce. Les calices des fleurs sont commercialisés sur la place des marchés.
Les racines sont prescrites pour soigner les vertiges et l’écorce utilisée dans le traitement du  paludisme. L’écorce est exploitée dans le traitement de la toux et du rhume. L’exsudat ou gomme de l’écorce réduit en poudre et mélangé à la farine de sorgho est employé pour combattre la dysenterie. On a recours à cette gomme pour le pansement des plaies. La sauce préparée avec les calices serait efficace dans le traitement des diarrhées. Les plantes qui parasitent l’espèce (Tapinanthus sp.) sont utilisées pour soigner les douleurs gastriques du bétail (intestin ou estomac piqué par une pièce métallique). Les feuilles sont appétées par les animaux domestiques. Les écorces des jeunes rameaux sont utilisées pour le nettoyage des jarres et des fûts qui servent à préparer le dolo en pays gourounsi (Lyélé), de Réo jusqu’à Didyr.
Nous voyons que toutes les parties de l’arbre sont exploitées notamment les fleurs, ce qui empêche la fructification totale. Alors, sans fruit pas de graines et sans graines, pas de régénération sous ou hors des arbres. C’est ce manque de graines qui fait que la régénération de l’espèce est en partie compromise, la conséquence étant que la plupart des peuplements comprennent de vieux arbres.
Face à ce constat, il est alors nécessaire de rechercher des voies et moyens de régénérer l’espèce en faisant recours à la multiplication végétative dont le bouturage de tiges et de racines, le greffage et le drageonnage.

Nous allons nous intéresser au drageonnage car il permet de disposer des plantules à repiquer à moindre coût et se pratique sous les arbres mères.

2.    Définition du  drageonnage

Le drageon est une pousse issue de la racine d'un végétal qui peut devenir autonome et être replantée comme nouvel individu. C'est un rejet de racine génétiquement identique à la plante mère. Le drageon peut aussi se définir comme étant une tige qui nait sur une racine déjà établie, que la racine soit dans ou hors du sol. Les drageons ne sont pas à confondre avec les rejets de souches qui poussent sur les tiges ou troncs (coupés ou non).
Les drageons poussent naturellement chez les espèces telles que Faidherbia albida (mimosa en français), Balanites aegyptiaca (dattier du désert), Danilelia oliveri, Detarium microcaprum (détar), Vitex doniana (prunier noir), Sclerocaya birrea (Prunier d’Afrique, Sclerocarya à bière) etc.
L’induction artificielle du drageonnage est la technique qui consiste à blesser une racine et à provoquer la naissance d’une plantule. Elle est une méthode simple à appliquer pour les plantes qui se prêtent à cette technique et elle est peu onéreuse. Il suffit de sectionner, généralement à la fin de la saison sèche, les racines superficielles des espèces drageonnantes et quelques mois après, des plantules émettent à partir des racines blessées. Les drageons gardent les caractères  de l’arbre lui ayant donné naissance.  

3.    Période de stimulation du drageonnage

La période propice pour effectuer la stimulation se situe en début de saison hivernale (mois de Mai – Juin). Les premières pluies mouillent le sol, ce qui facilite le dégagement des racines.

4.    Réponse au drageonnage.

Les expériences que nous avons conduites montrent que les drageons poussent deux mois après la stimulation et peuvent être prélevés trois mois après la stimulation ; les plants peuvent avoir une hauteur de 30 à 40 cm.

5.    Démarche pour stimuler le drageonnage

5.1.    Comment choisir l’arbre mère ou semencier?

Nous sommes dans le cas du kapokier à fleurs rouges.
Les arbres à sélectionner pour appliquer la stimulation du drageonnage doivent être adultes, sains et vigoureux afin de pouvoir supporter les blessures effectuées sur leurs racines. Si d’autres critères tels que la qualité de la sauce préparée avec les calices sont recherchés, alors il faut sélectionner les arbres qui satisfont à ce critère. La collaboration des productrices et producteurs est toujours utile dans le choix des arbres mères.
Les arbres poussant sur des sols légers et fertiles sont indiqués car leurs racines sont  superficielles et donc faciles à repérer.
La stimulation se fait au niveau des parties intermédiaires ou terminales des racines. Dans la mesure où les racines peuvent se rencontrer à plus de 15 mètres de rayon du tronc de l’arbre, effectuer la stimulation à une longue distance du tronc accroit la longueur de la clôture à poser.

5.2.    Blessure des racines et entretien des drageons

Une fois l’arbre mère ou semencier sélectionné, à l’aide d’une pioche ou d’un pic-hache, creuser autour du tronc à des distances séparées en commençant vers le tronc pour dégager les racines. Après dégagement des racines repérées, détacher l’écorce de la racine à l’aide d’un coupe-coupe ou d’une pioche. Sur une longueur de un mètre de racine, il est possible d’effectuer 2 blessures.
Après la cicatrisation des blessures, les plantules émergent et croissent.
Il faut nécessairement clôturer l’arbre à un rayon allant de 5 à 10 mètres autour du tronc en fonction des moyens financiers disponibles pour la protection des plantules qui émergeront des racines.

6.    Détachement des drageons et plantation

D'abord, creuser autour du drageon pour accéder à son point de départ. Ensuite, trancher proprement la racine mère avec un sécateur et déterrer délicatement le drageon. Le replanter dans son nouvel emplacement, et l'arroser abondamment.

7.    Moyens humains et matériel à utiliser

Pour stimuler un arbre sur un rayon de 10 mètres soit une superficie de 314 mètres carrés, deux personnes suffisent pour une demi-journée.
Le matériel à utiliser comprend un pic-hâche et une pioche pour le creusage, une pelle pour dégager la terre, un coupe-coupe pour blesser les racines.
Le matériel de plantation des drageons prélevés comprend une barre à mine ou une pioche et une pelle. Si les moyens sont disponibles, l’acquisition d’une brouette et d’une charrette est nécessaire pour le transport des drageons au lieu de plantation.
Après la plantation des drageons, il faut poser une clôture solide pour empêcher les animaux d’accéder au site de plantation.

8.    Intérêt de la technique

Après la stimulation du drageonnage, il n’est pas nécessaire d’arroser les plantules sous les semenciers. En effet les drageons restant toujours rattachés à la racine mère bénéficient des réserves nutritives de cette racine.
Lorsqu’il est possible, la transplantation des drageons se fera en juillet-août afin de faire bénéficier les plantules des eaux de pluies.
La technique ne nécessite pas un entretien particulier des drageons. Le désherbage autour des drageons est nécessaire lorsque les drageons sont entourés de plantes qui compétissent avec eux pour la lumière et leur nutrition.
Le matériel à utiliser est à la portée des petits producteurs. Lorsque le grillage manque, le recours aux clôtures en branchage est possible.
La technique ne demande pas de connaissances particulières en sylviculture. Elle peut être appliquée pour régénérer les arbres qui émettent naturellement des drageons comme précisé plus haut.
Cependant, le drageonnage ne remplace pas systématiquement les semis des graines parce que les arbres produits par drageonnage sont identiques à l’arbre mère donc sont des clones.

Un clone végétal est un individu ou un ensemble d’individus issus d’un unique individu par voie de multiplication végétative, donc sans recours à la voie sexuée.
.
9.    Conclusion

En conclusion, nous dirons que la multiplication par drageonnage devrait être testée et appliquée sur le terrain par les producteurs dans des endroits où l’eau fait défaut dans un contexte de pauvreté.

Remerciements adressés
•    Au Programme d’Investissement Prioritaire (PIP) et Projet Pré-Fie qui ont contribué au financement de certaines activités de la recherche appliquée au profit du Centre National de Semences Forestières/ Ministère de l’environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique ;
•    Aux cadres et techniciens ainsi qu’aux producteurs ayant contribué aux recherches de terrain.